Marjorie Blanc

La mort des anges - Marjorie Blanc -
Fiche technique provisoire :
320 pages
Format 14,85 x 21 cm



Marjorie Blanc
Retrouvez ici la quatrième de couverture !

Comment vous est venue l'idée, l'envie, le besoin d'écrire et d'être publiée ?

L’idée d’écrire m’est venue grâce à mes parents qui m’ont offert un journal intime quand j’avais huit ans. Chaque jour, j’y notais mes banales journées, pleines de fautes d’orthographe et de grammaire, et en grandissant, j’ai découvert que cela ne me suffisait pas. Ma vie était sans intérêt et mon imagination était trop fertile pour rester enfermée dans un ensemble de papiers sous clé. À quatorze ans, j’écrivais déjà des nouvelles, affreusement mauvaises et incohérentes mais je m’en moquais, personne ne les lisait.
L’envie a toujours été là, grandissante au fur et à mesure que je m’intéressais à la littérature. J’adorais faire des rédactions au collège et des dissertations au lycée. Je ne ressentais pas le besoin d’écrire, ça me paraissait naturel. À seize ans, j’écrivais de nombreuses nouvelles, plus construites, et je les faisais lire à mes camarades de classe et j’ai commencé mon premier roman. J’exprimais par écrit ce que je n’avais jamais pu dire à l’oral.
L’écriture pour moi est devenue un besoin, quand on a essayé de me dissuader de le faire. Je n’ai jamais pu me résoudre à arrêter l’écriture de mon premier roman, qui a duré quatre ans, pour me concentrer sur mon baccalauréat par exemple, je n’ai pu que ralentir.
Écrire pour moi est une addiction, je ne peux pas m’arrêter sinon mon cerveau imploserait sous le trop plein d’idées que mon imagination me raconte jour après jour.
Être publiée n’est que la suite logique, une façon de partager cette chose qui fait partie de moi avec les autres, le monde… pour montrer que ce n’est pas impossible de réussir dans ce métier malgré le nombre incroyable de génies qui m’ont précédés et desquels je ne peux prétendre égaler.

Marjorie Blanc
En quoi ce livre a-t-il marqué un tournant dans votre vie ?

La mort des anges est mon deuxième roman achevé. Quand je l’ai commencé, je venais de mettre un terme à mes études, tout en sachant que je voulais être écrivain. Je devais entrer dans la vie active. Je me sentais perdue mentalement. Pour la première fois de ma vie, je ne savais pas où j’allais et je véhiculais un sentiment d’impuissance, qui s’exprime énormément dans le caractère de Raphaëlle, l’héroïne. Alors écrire cette histoire était une sorte de phare dans la tempête brumeuse de ma vie. J’y ai mêlé mes rêves, mes espoirs et mes expériences.
Un peu moins d’un an après le commencement de son écriture, je suis partie vivre à l’étranger, aux États-Unis. Malgré le peu de temps que j’avais pour moi, j’ai maintenu une écriture soutenue d’La mort des anges. Comme j’évoluais vers une paix intérieure, l’histoire aussi. Je crois que c’est la première fois que je voulais que l’histoire se termine bien. Une happy end. Je voulais que l’héroïne soit heureuse pour pouvoir croire moi-même que je pouvais l’être.
Quand j’ai apposé le point final en bas de ma dernière page, la sensation a été aussi horrible que merveilleuse. Finir La mort des anges m’a fait réaliser qu’enfin j’étais prête à me montrer aux autres, à sortir de mon cocon créé par l'écriture et à partager ce que j’avais à offrir. Je pense que ce livre-là m’a fait grandir plus que tout autre. C’est pour cela aussi que je voulais qu’il soit publié le premier.

D'où viennent vos personnages ? Ils sont complets, ont du caractère, et leurs défauts les rendent attachants…

Aussi narcissique que cela puisse paraître, mes personnages viennent de moi. Mes héroïnes ont mes caractéristiques physiques, et bien souvent leurs idées folles ne sont que le reflet de ce que j’aurais aimé faire, dire et vivre moi-même. Je suis très proche de mes personnages, même les secondaires. Au-delà de l’être de fiction, mes personnages sont vrais. Ils éprouvent de la jalousie, de la colère… Ils parlent mal, s’insultent, jurent ; ils sont vivants. C’est dans leurs imperfections que se trouve l’envie de les connaître. Ils sont humains, comme tant d’autres… ceux que l’on croise dans le métro, ceux avec qui nous avons des conversations rapides et éphémères dans les salles d’attente, ceux qui parlent fort au téléphone à côté de nous, ceux qui nous sont inconnus en somme… Ils sont nos amis, notre famille, nos anciens professeurs, nos patrons… Ils sont les autres ! À la différence près que mes personnages ont bien souvent des pouvoirs qui surpassent leur normalité et vivent dans une version apocalyptique de la société future, ce qui les rend plus combatifs et hargneux que la moyenne.
Ils viennent de partout et nulle part à la fois.

Quelles sont les œuvres qui vous ont marqué en tant que lectrice ? Les auteurs qui vous ont donné le goût de la lecture et l'envie d'écrire à votre tour ?

En tant que lectrice, j’ai eu entre mes mains beaucoup d’œuvres littéraires merveilleuses. Il m’est aussi difficile de vous dire les meilleures, à mon avis, qu’il l’est de choisir une étoile à préférer dans le ciel. Malgré tout, certaines m’ont laissé une trace plus indélébile que d’autres. Je suis tombée amoureuse de l’œuvre de Steinbeck par exemple, Des souris et des hommes, que j’ai étudié au collège. La noirceur, et en même temps la tendresse, des personnages, l’humanité de la situation sont un plaisir. Memoirs of a Geisha aussi, d’Arthur Golden, que j’ai eu le bonheur de savourer dans sa version originale. Ce conte entre histoire, romance, et étiquette, écrit par un homme s’exprimant par son personnage féminin, héritière d’une culture opposée à celle de l’auteur, est astucieux, vigoureux et touchant. Enfin, le plus improbable de ma bibliothèque, le plus léger est Dix minutes après l’amour de Christine Kerdellant dont l’humour et le style m’ont tant séduite que j’ai bien dû le relire des centaines de fois, de sortes que mon exemplaire en est corné de partout. De ces trois œuvres si différentes, on peut voir les travers, les espoirs, les défauts et les qualités de l’humanité que ce soit dans l’Amérique des années cinquante, le Japon d’avant la Seconde Guerre mondiale ou dans la France actuelle.
D’un autre côté, la poésie (avec Baudelaire en priorité), le théâtre (ses héros romantiques pour Hugo, ses tragédies comiques chez Shakespeare, ses sombres aspects chez Tchékhov, pour ne nommer qu’eux…), les contes de fées et les classiques restent une corne d’abondance pour mon imagination. Presque tout me plait, m’attire et m’inspire.
Même si mes goûts sont très éclectiques en ce qui concerne la lecture, il y a bien un auteur qui m’a donné envie d’écrire et de lire plus que d’autres, et qui m’a suivi tout au long de mes projets d’écriture, de mes voyages, de mes expériences… Stephen King. Je l’ai découvert à douze ans avec Ca et je lui suis restée fidèle pour Carrie, Running man, Salem, Cells… et tant d’autres. Que ce soit dans l’horreur ou dans la science-fiction, il a toujours su me combler. Je n’ai jamais voulu écrire comme lui, pourtant sa façon de croquer chacun de ses personnages, romans, nouvelles, sociétés, m’a toujours impressionnée et fascinée. Je bois ses mots comme s’ils étaient un poison qu’on adore absorber, avec une envie morbide d’y revenir.

Longtemps décriée et considérée comme de la "sous-littérature" la science-fiction revient en force, et le public en redemande. Quel est votre regard sur ce genre ?

Je pense que la science-fiction mérite sa place parmi les grands genres littéraires. À l’égal de la poésie et des romans traditionnels, elle a ses règles, ses codes, ses lois et ce n’est certainement pas une littérature simplifiée. Je pense au contraire que c’est une preuve d’esprit bien fait que de s’y intéresser, puisqu’elle touche à ce que nous craignons, souhaitons, imaginons.
Mais je dois vous avouer que je suis assez novice de ce côté-là, puisque je n’en lis que trop peu et que sa définition exacte m’est inconnue.

Vous m'avez confié avoir du mal à définir votre propre style ou genre littéraire, pourtant il apparaît clairement que vous faite partie de ces nouveaux auteurs de S. F… Qu'est ce qui vous fait hésiter à classer votre livre dans un tiroir - très ouvert - de la littérature ?

Je n’aime pas les barrières.
Ayant, dans mes études, côtoyé les règles rigides de la littérature française, je ne supporte pas que l’on me dise de suivre les traces établies par ceux qui me précèdent. J’ai l’esprit de contradiction et j’aime être hors sujet, hors-cadre. Je peux broder une histoire à partir de n’importe quel fait, sur n’importe quel sujet et mon adoration des défis et du surpassement fait que je m’adapte très facilement. Je sais que la science-fiction est un style bien particulier, et que n’importe qui ne peut pas se prétendre héritier de ses préceptes, de son style, de son nom. La mort des anges peut sembler tenir le flambeau de la science-fiction parce que son histoire se situe dans un future proche, et que les héros sont des mutants, seulement je ne peux affirmer que l’œuvre dans l’intégralité prend part au mouvement de la science-fiction puisque ce mouvement lui-même m’est obscur.
Mon roman est un roman d’apprentissage, si je peux le nommer ainsi. Mon héroïne, ses sentiments, sa vie, sa vision des choses, son évolution, sont les aspects que j’ai voulu privilégier. Le monde dans lequel elle s’épanouit n’est que la conséquence de sa naissance en tant qu’être de fiction, pas sa raison d’être.
Je ne peux pas vous donner mon style littéraire, puisque je ne le connais pas. Certains diront que c’est de la Fantasy, d’autre de la science-fiction, je peux seulement vous dire que je me refuse à enfermer, emprisonner, mon œuvre dans un tiroir parce que je pense que les gens qui ne sont pas adeptes de la science-fiction apprécieront peut-être plus mes mots, mon style, mon histoire, que ceux qui sont fervents de ce mouvement en ébullition. Et à l’inverse, peut-être que les amateurs de science-fiction détesteront mon livre.
Imposer un genre, c’est déjà bloquer l’imagination et je ne me suis jamais résolue à porter une muselière, à suivre les modèles établis. Je ne veux pas classer mon livre, j’en ai déjà trouvé trop qui n’étaient pas dans le bon tiroir. Je préfère me dire que les lecteurs se feront leur propre opinion sur la place de cet ouvrage dans la bibliothèque du monde littéraire.


la_mort_des_anges_1_22_1.pdf Découvrez ici quelques pages du livre !  (1.04 Mo)
communique_de_presse_lamortdesanges.pdf Communique de presse La Mort Des Anges.pdf  (1.1 Mo)



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